Revendications politiques

Les gouvernements doivent :

  • Élaborer des feuilles de route transparentes et crédibles pour la mise en œuvre de lagenda de lODD 4 dans son intégralité.
  • Instaurer des mécanismes clairs pour garantir la transparence et la responsabilité face aux citoyens et à la société civile afin de réaliser le programme Éducation 2030 et le droit à l’éducation en général. Cela implique :
    • la mise à disposition dun espace officiel et structuré pour une participation active de la société civile, notamment les syndicats et les associations denseignants et détudiants, dans le cadre du dialogue social autour de lélaboration des politiques, de la planification, de la budgétisation et du suivi des progrès.
  • Sassurer que ces mécanismes de transparence et de responsabilisation tiennent compte et priorisent la participation des femmes, des personnes handicapées et des représentants des communautés marginalisées.
  • Abroger toutes les politiques ou lois qui pénalisent les militants de la société civile et inverser la tendance au resserrement de la place de la société civile.
  • « ... assurer[ons] 12 années denseignement primaire et secondaire de qualité, gratuit et équitable, financé sur fonds publics » (Cadre daction Éducation 2030)
  • Définir des plans assurant une véritable gratuité de léducation par labolition des frais de scolarité et autres charges dans léducation primaire et secondaire, et arrêter de soutenir des écoles privées soi-disant à bas coûts.

  • Prioriser des cibles jusqu’à présent ignorées concernant l’éducation de la petite enfance, des jeunes et des adultes ainsi que l’enseignement technique et la formation professionnelle.

  • Mettre en place des plans nationaux complets à long terme pour s’assurer que l’offre d’enseignants qualifiés augmente sensiblement, et veiller à ce que les enseignants et les éducateurs aient les moyens d’agir, qu’ils reçoivent une formation et des qualifications professionnelles ainsi qu’une rémunération appropriées, et qu’ils soient motivés et soutenus.

  • Revoir les plans déducation, les propositions budgétaires et les dépenses pour surmonter les inégalités éducatives et obtenir des répercussions positives pour les filles et les femmes, les personnes handicapées, les communautés autochtones, les réfugiés et les personnes déplacées et les autres groupes défavorisés, en organisant des audits sur la parité et linclusion.
  • Résister à la réduction de la définition de la qualité de l’éducation qui se limite à des résultats d’apprentissage étroitement définis et mesurés par des tests standardisés, et s’assurer que les programmes scolaires, les manuels et les systèmes d’évaluation sont conformes à la vision actuelle des buts de l’éducation, fondée sur les droits humains.

  • Renforcer les cadres de gouvernance de l’éducation et l’ensemble du système d’éducation publique en
    • allouant au moins 6 % du PIB et 20 % du budget national à l’éducation, et en consacrant au moins 50 % de ces fonds à l’éducation de base.
  • Augmenter au maximum les recettes consacrées aux investissements dans léducation et au redressement des inégalités par lentremise de systèmes fiscaux nationaux progressifs et étendus, en révisant les accords fiscaux et de droits dexploitation dans le secteur des ressources naturelles, et enfin en éliminant les mécanismes dexemption qui favorisent lévitement et lévasion fiscale dans le secteur privé.

  • Inverser la tendance grandissante à la privatisation de léducation en augmentant à la fois la portée et la qualité du service public.

 

Les pays donateurs doivent :

  • Jouer leur rôle pour assurer la mise en œuvre nationale du programme des ODD.
    • Définir des plans nationaux clairs visant à consacrer 0,7 % du PNB à l’aide publique au développement (APD) d’ici à 2020 et réserver au moins 15 à 20 % de l’ensemble de l’APD à l’éducation, et, en outre, allouer au moins la moitié de l’aide à l’éducation à l’éducation de base6.
  • Attribuer au moins 4 % de l’aide humanitaire à l’éducation - UNESCO.
  • Tenir les promesses faites pendant la conférence du PME et faire des promesses audacieuses en faveur du fonds « Léducation ne peut pas attendre » et dautres organismes de soutien à léducation, pour inverser la récente baisse des dépenses de laide en faveur de léducation.


 

Le secteur privé doit :

  • S’acquitter en toute transparence des impôts et des taxes dans tous les pays où les entreprises privées réalisent des profits et refuser les exonérations fiscales, les mesures incitatives, les prix de transfert, l’évitement fiscal agressif et l’utilisation des paradis fiscaux, toutes ces démarches menaçant de priver les gouvernements nationaux des fonds nécessaires pour investir dans l’éducation.
  • Continuer à apporter des contributions financières au Partenariat mondial pour l’éducation.

 

Le système des Nations Unies et la communauté internationale doivent :

  • Soutenir la participation inclusive et opportune de la société civile dans la mise en œuvre complète de l’ODD 4 au niveau national, régional et international.
  • Soutenir les États dans les objectifs ci-dessus pour concrétiser la vision d’une éducation de qualité gratuite, équitable, inclusive et de qualité.
  • Assurer un financement adéquat du Partenariat mondial pour l’éducation (PME) pour appuyer la mise en œuvre du programme Éducation 2030.
  • Construire un système d’aide humanitaire plus inclusif, qui reconnaît le besoin d’agir durablement pour fournir des services éducatifs, y compris dans les situations d’
  • Exiger un accroissement des dépenses en vue de promouvoir l’équité, l’inclusion et l’éducation de qualité pour les apprenants issus de groupes marginalisés, notamment les personnes handicapées, les communautés rurales ou pastorales et les peuples autochtones.